Camp de réfugiés de Nakivale : les droits et la dignité des femmes mis à rude épreuve.

Par: DDH Chabusiku Rumena

Dans le camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, de nombreuses femmes dénoncent une situation préoccupante qui porte atteinte à leur dignité, leur santé et leurs droits fondamentaux. 

Depuis plus de six mois, les femmes, en particulier celles du Base Camp 2, font face à un manque chronique de serviettes hygiéniques, à une insuffisance d’eau potable et à une absence d’assistance adéquate de la part des structures en charge de la protection des réfugiés.

L’hygiène menstruelle : un droit, pas un privilège.

Les femmes expliquent que l’absence de serviettes hygiéniques pendant les règles menstruelles les expose à de graves risques sanitaires, à l’humiliation et à l’exclusion sociale. Faute de produits adaptés, certaines sont contraintes d’utiliser des moyens de fortune, mettant ainsi en danger leur santé reproductive.
L’hygiène menstruelle est pourtant reconnue comme une composante essentielle du droit à la santé et du droit à la dignité humaine, en particulier pour les femmes vivant dans des contextes de déplacement forcé.

Le manque d’eau potable aggrave la situation

À cette pénurie s’ajoute le manque d’eau potable, rendant difficile le respect des règles d’hygiène de base. Sans accès suffisant à l’eau, les femmes ne peuvent ni se laver correctement ni maintenir des conditions sanitaires minimales, ce qui accroît les risques d’infections et de maladies.

Des plaintes sans réponse

Les femmes du marché de Base Camp 2 affirment avoir signalé à plusieurs reprises leurs problèmes d’hygiène aux responsables de l’assistance aux réfugiés, y compris aux structures censées assurer leur protection. Malgré ces démarches, aucun suivi concret n’a été observé jusqu’à présent, laissant les femmes dans un sentiment d’abandon et d’invisibilité.
Cette absence de réponse, qui dure depuis six mois, soulève de sérieuses questions sur la redevabilité des acteurs humanitaires et le respect de leurs engagements envers les femmes réfugiées.

Une violation des droits des femmes réfugiées

Le manque de produits d’hygiène menstruelle, d’eau potable et de suivi institutionnel constitue :une atteinte au droit à la santé,une violation du droit à la dignité,une forme de discrimination fondée sur le genre,et un manquement aux obligations de protection des réfugiées.Les femmes réfugiées ne doivent pas être réduites au silence ni contraintes de vivre dans des conditions indignes.

Appel à une action urgente

Face à cette situation, il est urgent que :les agences humanitaires, y compris le HCR, assurent une distribution régulière et suffisante de serviettes hygiéniques,l’accès à l’eau potable soit amélioré de manière durable,les plaintes des femmes soient écoutées, documentées et suivies d’actions concrètes,les femmes réfugiées soient associées aux décisions qui concernent leur santé et leur bien-être.
Pour la dignité et la justice
Respecter les droits des femmes réfugiées à Nakivale, c’est reconnaître que la gestion de l’hygiène menstruelle et l’accès à l’eau ne sont pas des faveurs, mais des droits humains fondamentaux. Ignorer ces besoins, c’est perpétuer une injustice silencieuse qui affecte la vie, la santé et l’avenir de milliers de femmes.

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