La souffrance silencieuse des femmes réfugiées à l’hôpital de Nyarugugu

Par BWEMA Shamavu Charlotte, activiste, camp de réfugiés de Nakivale

Je m’appelle BWEMA Shamavu Charlotte, je vis dans le camp de réfugiés de Nakivale, et j’écris aujourd’hui pour dénoncer une réalité douloureuse et trop souvent ignorée : la mauvaise qualité des soins de santé offerts aux femmes réfugiées, en particulier celles qui accouchent à l’hôpital de Nyarugugu.

Chaque jour, des femmes enceintes se rendent dans cet hôpital avec l’espoir de donner la vie en toute sécurité. Malheureusement, pour certaines, ce lieu censé protéger devient un espace de souffrance, de négligence et parfois de perte irréparable.

Des femmes meurent pendant l’accouchement, d’autres perdent la vie plus tard à cause d’infections qui auraient pu être évitées avec des soins appropriés.
Ces décès ne sont pas des fatalités. Ils sont souvent le résultat de la négligence, du manque de suivi médical, de l’insuffisance du personnel qualifié et, dans certains cas, de la corruption.

Des soins qui devraient être gratuits, selon les principes humanitaires et les droits des réfugiés, deviennent conditionnés au paiement. Or, les femmes réfugiées n’ont pas les moyens de payer. Elles vivent déjà dans une précarité extrême.

Quand une femme n’a pas d’argent, elle est parfois ignorée, retardée ou mal prise en charge. Cette situation met directement leur vie en danger. La maternité ne devrait jamais être une condamnation à mort.
Je témoigne au nom de nombreuses femmes qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer.

Nous demandons :
le respect réel de la gratuité des soins pour les réfugiées,
une amélioration urgente de la qualité des services de maternité,
des enquêtes sérieuses sur les cas de négligence et de corruption,
et surtout, le respect de la dignité et du droit à la vie des femmes réfugiées.

Le silence tue. Témoigner, c’est résister. Défendre la vie des femmes réfugiées, c’est une responsabilité collective.

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