Les jeunes filles réfugiées de Nakivale : une enfance sacrifiée dans le silence

Par NEEMA NSHOMBO GRACE, défenseuse des droits humains

Dans le camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, des violations graves et répétées des droits humains touchent particulièrement les jeunes filles réfugiées originaires des villages de Juru, Kabazana, et Rubondo.

Ces enfants, censées être protégées par les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant et des réfugiés, vivent une réalité marquée par l’exploitation, l’abandon et l’injustice.
La majorité de ces filles, âgées de 12 à 15 ans, ne sont pas scolarisées. Privées d’accès à l’éducation, elles passent leurs journées à cultiver des champs ou à effectuer des travaux domestiques rémunérés pour les communautés autochtones vivant autour du camp de Nakivale. Ces tâches, souvent lourdes et inadaptées à leur âge, dépassent largement leurs forces physiques et compromettent leur santé, leur développement et leur avenir.

Au-delà de cette exploitation économique, ces jeunes filles sont également exposées à des formes graves d’exploitation sexuelle. Leur vulnérabilité, liée à la pauvreté, à l’absence de protection familiale et au manque de mécanismes de surveillance efficaces, les rend particulièrement à risque. Ces abus se déroulent dans un climat de silence et de peur, où les victimes n’osent pas dénoncer par crainte de représailles, de stigmatisation ou de perdre les maigres moyens de survie dont elles disposent.

Cette situation constitue une violation flagrante des droits fondamentaux de l’enfant, notamment le droit à la protection, à l’éducation, à la dignité et à une vie exempte de violence. Elle met également en lumière les défaillances dans la protection des enfants réfugiés, en particulier des filles, au sein de certains camps.

Il est urgent que :

les autorités compétentes,
les agences humanitaires,
les organisations de protection de l’enfance,
et la communauté internationale,
prennent des mesures concrètes et immédiates pour :

garantir l’accès à l’éducation pour toutes les filles réfugiées,
prévenir et sanctionner toute forme d’exploitation économique et sexuelle,
renforcer les mécanismes de protection et de signalement dans le camp de Nakivale,
et restaurer la dignité et l’espoir de ces enfants.

Les jeunes filles réfugiées de Nakivale ne sont pas une main-d’œuvre, ni des objets d’exploitation. Elles sont des enfants, porteuses de droits, de rêves et d’un avenir qui mérite d’être protégé.

2 thoughts on “Les jeunes filles réfugiées de Nakivale : une enfance sacrifiée dans le silence”

  1. Triste verite Madame. Ma fille de 13 ans Chantal, je ne sais pas ou elle vit aujourd’hui. Elle a quitte la maison en mai dernier pour chercher du travail a Kabingo, disant que la vie trop dure chez nous. Depuis, j’ai plus des nouvelles. Aidez nous a la retrouve svp. La police ne fait rien pour nous aider.

  2. Aide nous maman grace. Moi ma fille de 13 ans a disparu depuis le mois de mai. Je suis aller demander de l’aide a la police de Kabazana, ils n’ont rien fais. Aide moi a retrouve ma fille.

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