Quand l’enfance survit à l’exil : le témoignage de Masika Agnes

Par DDH ERASTO EMILY

À Mbarara, dans l’ouest de l’Ouganda, j’ai fait la connaissance de Masika Agnes, une jeune réfugiée congolaise de 14 ans. Chaque jour, elle travaille dans la rue, vendant de la nourriture aux passants pour le compte d’une femme ougandaise.

Derrière son jeune âge se cache une histoire lourde de pertes, de peur et de courage.
Les larmes aux yeux, Masika raconte son passé.

Elle venait de Béni, en République démocratique du Congo. Sa mère, infirmière, a été tuée lors des violences attribuées aux ADF-Nalu, un drame qui a bouleversé toute la famille.

Après cette tragédie, les survivants n’ont eu d’autre choix que de prendre la route de l’exil, cherchant sécurité et protection.
Malgré tout ce qu’elle a traversé, Masika garde un rêve vivant : devenir infirmière, comme sa mère.

Un rêve simple, mais puissant, qui témoigne de sa résilience et de son désir de servir les autres.
Aujourd’hui, sa réalité est pourtant très difficile. Elle parle du froid des nuits, de la faim, et du fait qu’elle n’a droit qu’à un seul repas par jour.

Comme beaucoup de filles réfugiées livrées au travail de rue, elle est particulièrement vulnérable : exposée aux abus, aux violences et aux risques de grossesse précoce, sans protection suffisante ni accompagnement adapté à son âge.

L’histoire de Masika n’est pas un cas isolé. Elle représente la situation de nombreuses filles réfugiées, privées d’école, contraintes au travail précoce et privées de leur droit fondamental à une enfance protégée.

Ce témoignage appelle à une responsabilité collective : renforcer la protection des enfants réfugiés, garantir leur accès à l’éducation, à une alimentation suffisante et à des conditions de vie dignes. Derrière chaque enfant comme Masika, il y a un rêve qui mérite d’être protégé — et un avenir qui ne devrait pas être sacrifié à l’exil.

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