Femmes et mères réfugiées à Nakivale : un appel à l’action urgente

Par la défenseuse des droits de la femme, Marie Chantal SHABAN


Dans le camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, les femmes réfugiées récemment arrivées de la République démocratique du Congo vivent dans des conditions extrêmement précaires. Derrière les chiffres et les rapports, il y a des vies, des corps fatigués et des voix souvent ignorées.

Je me suis rendue auprès des femmes les plus vulnérables : celles qui portent des bébés, celles qui allaitent et celles qui sont enceintes. Toutes, sans exception, m’ont fait part de la même réalité douloureuse : le manque criant des nécessités de base.
Beaucoup de mères m’ont confié que, faute d’une alimentation suffisante, leurs poitrines ne produisent pas assez de lait pour nourrir leurs bébés. Cette situation met directement en danger la santé des nourrissons et accentue l’angoisse des mères, déjà marquées par l’exil et les traumatismes vécus dans leur pays d’origine. Elles déplorent également l’absence d’une assistance adaptée du HCR et de ses partenaires pour répondre à ces besoins essentiels.

À cette souffrance s’ajoute un autre problème majeur, souvent passé sous silence : le manque de serviettes hygiéniques pour les filles et les jeunes femmes. L’absence de ces produits de base affecte leur dignité, leur santé et leur bien-être, et expose certaines à l’isolement et à des pratiques à risque.

Les femmes réfugiées ne demandent pas des privilèges. Elles demandent le respect de leurs droits fondamentaux : se nourrir dignement, prendre soin de leurs enfants, vivre leur féminité sans honte ni danger. Leur situation appelle à une réponse urgente et coordonnée des acteurs humanitaires, afin que les besoins spécifiques des femmes et des filles soient pleinement intégrés dans l’assistance.

Protéger les femmes réfugiées, c’est protéger des familles entières et l’avenir de toute une communauté. Le silence face à leur souffrance ne peut plus être une option.

3 réflexions sur “Femmes et mères réfugiées à Nakivale : un appel à l’action urgente”

  1. Oui Chantal. Il y a deux qui passent la nuit derrière ma maison. Cette nuit je les ai invités à passer la nuit dans ma maison avec leurs deux bébés, mais je pourrais les aider seulement 3 jours. Pas plus. C’est vraiment triste.

  2. Fazili bahati eric

    Bonjour Ce recit donne des larmes aux yeux la RDC passe un moment triste de son histoires,ses deplaces internes et ceux qui fuient hors des frontieres Vivient dans des conditions inhumaines le monde regarde impuissamment cette situation mais de tel article dennoncent aux yeux du monde ce que les bouches ne parlent pas

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